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Marie-Rose LORTET : en passant au MA&D ce matin

samedi 4 mai 2024 – photographies de Jean-François GUILLOU

Sur le fil…

© Jean-François GUILLOU
© Jean-François GUILLOU
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© Jean-François GUILLOU
© Jean-François GUILLOU
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© Jean-François GUILLOU
© Jean-François GUILLOU
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Marie-Rose LORTET : les métissages de la vie

par Jean-François GUILLOU

Son travail est fait de choses entremêlées, de contrastes qui se côtoient jusqu’à presque s’épouser, se fondre ou se confondre, ou bien se disjoindre. C’est le fil de la vie. Il y a des lignes directrices et des chemins de traverse, des racines qui finissent par se perdre dans des canopées. Ou l’inverse. Pour tisser il faut au moins deux fils, mais souvent davantage : une envie, une idée, un projet, une vie sans doute… Le tissage est métissage : c’est cela le message. C’est comme ça que je le vois.
Que tisse Marie-Rose lorsqu’elle tisse ? Un peu d’elle-même et beaucoup du monde. De bribes et de brins, elle brode un bric-à-brac fait de bric et de broc. Et cela fait un monde. Ariane et Pénélope, tout comme Rose et Marie, les deux filles de la vie.

EXPOSITION Marie-Rose LORTET

vernissage le vendredi 12 avril 2024 à 18h30

Collection : Marie-Rose LORTET

Plasticienne française née en 1945 à Strasbourg et vivant à Vernon-Giverny
Jean Dubuffet présente ses travaux en 1967 dans sa galerie de la rue de Sèvres à Paris.

« tissé de fils fins / cotons de couleur / entrelacs / nœuds, tissages, tresses / choses entremêlées / racines, lierre / troncs de glycine / tricot / chanvre, plastique, épluchure, fil électrique, papiers de chocolats, bouchons de champagne / naïveté, jeunesse, masques, mauvais esprits de l’inconnu / territoires de laines, mailles par accumulation, excroissances / associations mentales / habits bigarrés / rêves inouïs / souris oubliées / serpents endormis / liberté… »
(d’après un texte d’Aurélien Lortet)

Marie-Rose LORTET, sans titre, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Marie-Rose LORTET, sans titre, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Marie-Rose LORTET, sans titre, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG



Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

Renaissance et sarabande
Sarabande tissée et brodée au milieu d’un entrelacs de toiles, de fils, de structures, de boites, de cubes et bobines de toutes grandeurs, couleurs et matières, une troupe de masques et têtes tous plus énigmatiques les uns que les autres s’articule en un théâtre digne de la Comedia dell’ARTE
Rien ne se perd, tout est transformé, détourné dans le monde des fils de Marie Rose Lortet. Tout s’empile, s’amasse, s’agite, c’est un univers qui se crée et prend vie devant Elle.
La nuit tout s’anime, s’agite. Les personnages rient, crient, hurlent au moindre intrus qui les dérangent. Les ombres portées dans un tohu-bohu fantasmagorique s’allongent, virent, voltent et chavirent ; un instant elles s’arrêtent, hésitent à la première lueur de l’aube avant que l’un des tableaux n’ouvre un œil, réveille le panneau voisin encore assoupi et sonne la charge à la lueur naissante. Le jour gagne, achève de réveiller la troupe encore fatiguée de la sarabande de la nuit, véritable RENAISSANCE. Tous reprennent soufflent et petit à petit s’articulent, s’illuminent, s’indisciplinent, s’emballent au rythme de la Créatrice qui monte et descend sans fin, repique et recoud, taille et sculpte encore et encore.
Elle connaît chacun par son nom : L’ENTÊTÉ, L’ORIENTAL, LE QUASIMENT
Elle saura remettre l’un à sa place qui la contrarie et saura s’émouvoir de la flatterie de l’autre, l’espièglerie du troisième ou les encouragements de tous si elle s’essouffle.
Lorsque l’un ou l’autre quitte l’atelier un nouveau fil se tend et transporte la magie, le mystère et la force créatrice.
Tout se prolonge dans et au delà des murs.
La nuit, le jour, ici ou là.
Tout prend vie… ils crient, soufflent…
Ils s’agitent, se moquent, surveillent et protègent.. ..
Jamais vraiment éloignés de leurs modèles
RENAISSANCE
Tout est lié, tout se tient, c’est le monde des fils de MARIE ROSE
>> Philippe Jozan

Joël DELAUNAY : un portrait

Joël DELAUNAY : cofondateur du festival Art et Déchirure en 1989, créateur et directeur du musée Art et Déchirure depuis 2017, Président de l’association « Art et Déchirure » – © Jean-François GUILLOU

« L’art, ça ne guérit pas de la folie, mais ça permet de la vivre. »

« Accueil » : une installation de Caroline DAHYOT

Caroline DAHYOT est venue installer sa famille-monde dans la salle d’accueil de l’ancien pavillon des femmes du C.H.R. Un lieu qui abrite désormais le Musée Art et Déchirure à Sotteville-lès-Rouen.

Dévoilement : le drap est au cœur du propos, en opacité ou en transparence

Elle travaille au plus juste, avec une étonnante économie de moyens (un escabeau, un tube de couleur, un pinceau, une touche) pour un résultat foisonnant et déconcertant qui joue, comme sans l’avoir voulu, de la répétition et du décalage. C’est très dense et c’est très construit, mais par touches légères et rapides, qui se posent avec justesse exactement là où on ne les attendait pas.

Caroline DAHYOT, le Baiser des amoureux, peinture acrylique sur linoléum, 2023, Musée Art et Déchirure – photo JFG

Au centre du dispositif, une grande fresque peinte sur un sol anthracite : des lèvres qui s’unissent jusqu’à ne former qu’une bouche. La lumière émane des corps amoureux : elle est comme le fruit de ce baiser. « Je t’aime de tout mon cœur » se disent-ils mutuellement : un amour-luminaire qui éclaire le miroir obscur de la surface des eaux, comme dans le songe d’une nuit d’été au bord d’un lac. C’est beau. Ceux qui voient ces amoureux le ressentent.

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Tout est promesse : « Nous irons l’un vers l’autre dans le partage sans domination et dans une liberté de paroles bienveillantes – l’amour ne sera plus un chemin de batailles ».

Les cœurs circulent comme des feuilles portées par le vent. C’est le vent paraclet, le souffle de l’Esprit : le consolateur, le défenseur, l’intercesseur. Cette trinité n’est pas la seule grille de lecture de l’œuvre de Caroline Dahyot, mais c’en est une. « Certaines âmes restent pour nous guider » : elle l’inscrit sur la toile. C’est ainsi.

Par Jean-François Guillou

Artistes

Pierre AMOURETTE
ANGELAK
ANNIE
Béatrice BABARIT
Nicole BAILLEHACHE
Angélik BARRÉ
Nicole BAYLE
François BAZIN-BIDAUD
Caroll BERTIN
Sandrine BLAISOT
Christiane BODEN
Katy BOUICHOU DEVERDUN
Catherine BOURDIER
Marie-Christine BOUYER
Jean BRANCIAR
Bernard BRIANTAIS
Nicolas CARDON
Ignacio CARLES-TOLRÀ
Marie-Claude CASABO
Agnès CASATI
Migas CHELSKY
Jean-Michel CHESNÉ
Fabien CHEVRIER
Mario CHICHORRO
CHRISTIANIA
CHRISTOPHE
Anne-Marie CONTI-AHAYE
Christine COSTE
Caroline DAHYOT
Serge DABROWSKI
DE SANTESTEBAN
Fabrice DELAUNAY
Éric DEMELIS
Mélie DENEUVE
Virginie DESCURE
Marie-Claude DESMONT
Delphine DEVOS
Claude DORÉE
Paul DUHEM
Hubert DUPRILOT
FA
Marie Jeanne FARAVEL
FASO
Samuel FAVARICA
Fanny FERRÉ
FEUG
Yves-Jules FLEURI
Fabrice FOSSÉ
Jean-Pierre FRUIT
Marc GIAI-MINIET
Michel GOUTEUX
Florence GRATIEN
Martha GRÜNENWALDT
Virginie GUILLAUME-PETIT
Jean-Paul HENRY
Paul HÉRAIL
Jean-Christophe HUMBERT
IZIAK
JABER
Marie JAKOBOWICZ
Pauleen K.
Alain LACOSTE
Pascal LALOY
Claire LANCIEN
Danielle LE BRICQUIR
Catherine LEGRAND
Marie-Christine LEISEN
Sandrine LEPELLETIER
Claire LÉZÉ-SCHMITE
Inès LOPEZ-SANCHEZ MATHÉLY
Joël LORAND
Marie-Rose LORTET
Agnès MAITREJEAN et Laurent DESCOTILS
Martine MANGARD
Francis MARSHALL
Ismaël MAURAY
Daniel MAYAR
Jean MÉDARD
Micheline MÉNARD
Catherine MEUNIER
MINOUCHE
Douce MIRABAUD
Anna MURGIA
Patrick NAVAÏ
Bernard NICOLAS
Adam NIDZGORSKI
Armelle NORMAND
Marion OSTER dite LUCRÈCE
OXO YUTZ
Cécile PARIS
Chong-Ran PARK
Odette PICAUD
Daniel POULLAIN
Marie POURCHOT
Vincent PRIEUR
Alain RAULT
Angèle RIGUIDEL
Catherine RIVOIRE
André ROBILLARD
Daniel ROGER
Pascal SAINT-VANNE dit VLADIMIR
Martine SERRANO
Catherine SIBBILLE
Miroslaw SLEDZ
Ghyslaine et Sylvain STAËLENS
Vincent-Henri THOMAS dit VHT
Bertrand THOMASSIN
Alissa THOR
François TORTOSA
Alain TOUZEAU
Catherine URSIN
Marie-Françoise VALOIS
Paty VILO
ZAK (Zakaria DOUGMANE)



Collection : Alain TOUZEAU

Alain TOUZEAU, Trapézistes, dessin (crayon et feutre) sur papier, 64 cm x 50 cm

Des musées idéaux…

Les liens entre le musée Art et Déchirure et la Belgique sont anciens et plusieurs œuvres des artistes de l’atelier Campagn’Art (Neufvilles) figurent dans notre collection.
Les curieux d’art singulier, art outsider, art hors-les-normes ou art différencié, connaissent le musée du Dr Guislain à Gand. Une autre adresse, tout aussi recommandable, est celle du Trinkhall Museum à Liège (anciennement Madmusée pour « Musée d’art différencié ») : un musée fondé en 1998 situé dans le parc d’Avroy à Liège.


Nous remercions Muriel THIES (chargée de communication) et toute l’équipe du musée pour leur accueil sympathique et chaleureux.
À voir en ce moment 2 expositions :
Un journal intime – Serge Delaunay (jusqu’au 22 mars 2024)
L’événement d’être là (jusqu’au 22 mars 2024)

et une création insolite et ludique : « le musée idéal » (un sujet qui nous parle, évidemment…)

Alain Meert et Patrick Marczewski, Le musée idéal, technique mixte, 290 x 185 x 80 cm , 2019. Atelier : Créahm Liège (BE)

et les vidéos.




Collection : Ignacio CARLES-TOLRÀ

Ignacio CARLES-TOLRÀ (1928-2019), sans titre, technique mixte sur papier, 32 x 22 cm, collection Musée Art et déchirure

Voir la notice que lui consacre la Collection de l’Art Brut Lausanne.