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Pascal SAINT-VANNE dit VLADIMIR

Pascal SAINT-VANNE dit VLADIMIR, né en 1956 à Verdun (Meuse)

https://www.vladimir-peintre.fr/

autodidacte – instinct – sans calcul – sans théorie – sans a priori – sans souci de plaire – sans message – écorché – souffrance – douleur – passion – frénésie – sensibilité – amour – humour – peintre –

VLADIMIR, sans titre, collection Musée Art et Déchirure

Article du catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :

« Vladimir Saint-Vanne étreint à cœur les talismans de la haute peinture, et ses œuvres vives, brutales et crues, sont autant d’implacables cicatrices, arrachées du dedans à la mort-vie. Et celui qui sait créer sait aussi écrire. Mots qui traversent le langage et recréent la langue.
Les tendresses saccagées de la peau fouillent l’insondable opacité. On dirait des plaques d’abîme, des mémoires de plaie, et des surgissements accablants de vérité transgressée, et de sincérité nue. Sensibilité sans barrière surgie sans limite de nos lointains cachés. Le tout autre, halluciné et vrai, blesse l’univers entier de la toile.
Innombrable autoportrait fracassant le miroir aveugle de tous les Narcisse de la modernité. La prise de risque est insensée, et son humanité saisissante.
Vladimir Saint-Vanne ose brûler les surfaces. Ce créateur des extrêmes est un dur-à-peindre. Un récalcitrant. Il creuse des trous dans la peinture. Il ne craint pas la sanglance vitale. Œuvre broyée d’art et de vie.
Sous l’étendue, couve la fragilité des grands fonds. L’art vit de ces braises chaudes. »
>> Christian Noorbergen

 

Francis MARSHALL

Francis Marshall est né en 1946 à La Frette-sur-Seine.
Titulaire d’un CAP de sculpteur sur bois. Artiste hors les normes dès 1969 : création de plus de 400 bourrages, sculptures de tissus, de ficelles et de bois. Découvert par Alain Bourbonnais, collectionneur d’Art Brut et ami du peintre Jean Dubuffet, il expose ses bourrages en 1973 à l’atelier Jacob à Paris, au musée d’Art Moderne de la ville de Paris en 1978 et à Londres en 1979 à la Hayward Gallery.
Il crée l’héroïne «Mauricette» exposée à la Fabuloserie, musée d’Art Brut dès 1983.
A partir de 1986, il produit 250 sculptures bourrées avec tables, chaises, buildings, trains, sarcophages, placards et vélos. Dans les années 1990, il réalise plus de 150 peintures avec cadres et écritures. En 1996, il commence à enfermer des peintures dans des placards. En 2009, il conçoit le « Château de la Solitude » avec pavillons attenants (bourrages avec peintures).
Francis Marshall a enseigné à l’école d’Art du Havre de 1977 à 2014.

Francis MARSHALL, Château de la solitude, installation, Musée Art et Déchirure




Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

« Le train 31425 s’est arrêté à Sotteville-lès-Rouen, il est sorti de ses rails. Francis Marshall l’a mis en panne. Marshall aime les histoires ; il aime les lettres de réclamations, les chefs de gare, la sexualité rurale, l’heure de la soupe, les gens qui attendent, les maisons abandonnées, les voyages en train, etc. Plusieurs wagons sont immobilisés devant des maisons abandonnées, une stèle en forme de pagode côtoie une salle d’attente et un totem flanqué de hachettes. Tout un amalgame de matériaux patiné par le temps, le soleil et la pluie, est posé là, progressivement sorti de son atelier à ciel ouvert proche de sa maison familiale. Un bourrage oublié de ses truculents personnages s’est trouvé associé à une peinture rappelant les soins médicaux dans un collège de jeunes filles, puis des enfants trouvés sont alignés dans une salle d’attente improbable qui forme une sorte d’inventaire de différentes séries. Ce chemin de fer devant ces drôles de personnages  assemblés avec des portes et autres objets sculptés constituent autant d’images d’un monde désuet et attachant ; Cet embryon de rétrospective, ordonnée par l’artiste en trieur en chef soucieux des associations et des matériaux utilisés, nous invite à découvrir un univers singulier, sensible et figuré, parcouru d’une matière biographique exaltée, détournée et recomposée.
Fils de cheminot, enseignant il y a plus de quarante ans au Collège technique de Pont-Audemer, Francis Marshall rejoignait chaque jour en Solex la longère qu’il habitait au lieu-dit « Le bout des haies » à Trouville-la-Haule, en surplomb de la Seine aux confins de l’Eure. C’est là qu’il a commencé au début des années soixante-dix sa série de « Mauricette » en bourrant des bas avec des chiffons trouvés chez Cléroult, le ferrailleur du coin. Mauricette représentait l’archétype des jeunes filles de la campagne, celles qui prennent le car pour aller à l’école apprendre à coudre et à cuisiner, affublées de leur blouse réglementaire en nylon rose. Traitées avec des physiques ingrats qui renvoient autant aux rudes conditions de la vie en campagne l’hiver dans le froid et la boue qu’à la physionomie de personnages mal habillés, mal soignés et mal nourris, les personnages de Marshall déclinent, non sans poésie et humour, une série de moments choisis d’un univers familial et social frustre : les enfants figés dans leur siège, contraint dans leur condition. Ces sculptures bricolées, souvent dégradées par leur longue exposition à la pluie et au vent ce qui en accentue la fragilité matérielle et existentielle, incarnent une généalogie imaginaire à travers les postures sociales, les allusions sexuelles ou les frictions entre générations ; elles portent des écriteaux indiquant leur raison sociale, sexuée, toponymique ou chronologique. Tel Enfant aux oiseaux, Château de la solitude, Salle d’attente ou telle Maison abandonné (région de Belbeuf) résonnent comme autant d’échos plus ou moins biographiques où l’artiste s’identifie aux « petites gens » selon l’expression consacrée ; ces gens-de-peu mal fagotés aux goûts simples, toujours démodés ; ceux des dispensaires et des salles d’attente venus montrer leurs maladies bénignes ou peu avouables ; ceux des faits divers, amputés de la vie aux physiques ingrats, aux environnements abîmés et aux désirs inassouvis qui rêvent cependant de nouveautés, de voyages lointains et d’aventures sentimentales. Il y a beaucoup de tendresse chez Marshall pour ses personnages, leurs meubles et leurs décors, souvent grotesques mais terriblement humains. En même temps, il n’est pas dupe, derrière les clichés sociaux et conformistes pointent souvent les désirs secrets, les projets contrariés, les rêves inaboutis où chacun peut se reconnaître !
Les peintures qu’il réalise depuis une vingtaine d’année prolongent cet univers où nous sommes invités à toutes les curiosités. Des personnages semblant directement issus d’anciens magazines illustrés ou de romans-photos apparaissent aux fenêtres des wagons ou posent devant des paysages stéréotypés dont le coucher de soleil constitue l’archétype. Chaque fois la peinture est impeccable, claire et précise, alternant aplats et modelés dans une fine couche de couleurs.
Les objets peints ou fabriqués par Francis Marshall sont des présences affirmées, ils renvoient à travers des postures ou des types sociaux aux mythologies familiales et collectives qui jalonnent chacune de nos existences. »


Patrick NAVAÏ

Patrick Navaï est d’origine franco-persane. Il a été instituteur, correspondant culturel, puis régisseur d’un orchestre symphonique et chorale. Auteur de plusieurs recueils de poèmes, il est aussi peintre et collagiste, pianiste, monteur de spectacles musico-poétiques, illustrateur de livres, animateur d’ateliers d’écriture et critique littéraire.

Patrick NAVAÏ, sans titre, collection Musée Art et Déchirure

« Parfois mes peintures ouvrent des espaces inédits, parfois elles sont en résonance avec mes poèmes. Parfois elles déclenchent le poème. On y voit presque toujours des poissons. Pour moi, le poisson est un messager qui vient vers nous pour nous apporter un rêve, une réponse à un questionnement existentiel, un remède à une maladie ou, à l’inverse, un cauchemar qui est le reflet de ce que nous vivons. Il est là pour nous montrer où se trouve le danger. J’ai une origine bretonne par mon grand-père qui était issu d’un village tout proche de la mer… Les poissons m’ont toujours parlé et souvenons-nous de notre origine marine, de l’eau du placenta maternelle…Il suffit de tendre l’oreille pour entendre les mélodies des poissons que ces derniers émettent au sein des rivières, des fleuves, des lacs et des océans. »

Adam NIDZGORSKI

Adam NIDZGORSKI

Revue de Net :

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MANAS – Laval

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

Un blanc dans ma tête… La solitude du vide
Sur la feuille…Ma Main…Une émotion
Sans effort une ligne… J’ai peur…La ligne me rassure
Une ligne traverse la page se prolonge dans ma tête
La souffrance se déplace sur la feuille de papier
Une main magique…Des formes agonisent
Le silence dans la tourmente des lignes
Je joue avec les lignes…Elles s’amusent
Un labyrinthe de lignes et de taches
La ligne contourne la tache… J’y accroche un nez
Les lignes parlent de formes entre elles
Des lignes des courbes naissent, Disparaissent… Un visage
La douceur d’une ligne contourne un autre…visage
Dans une ligne ronde ma tête se repose
Dans un autre dessin…Je m’enferme
Devant moi un dessin…Je l’interroge
Ne rien dire…Il est ce qui est

Adam Nidzgorski

JABER

JABER (1938 – 2021)

JABER, Sans titre, 2002, photo JFG

Notice du catalogue Festival Art et Déchirure 2016 :

Les peintures et sculptures de Jaber sont comme les sketches qu’il joue dans la rue : jonglant non plus avec les sons, les mots ou les accents divers, mais avec les formes, les symboles, le rythme des couleurs, en général elles racontent quelque chose, dans un coq-à-l’âne débridé, au premier abord difficile à déchiffrer. C’est un art élémentaire, populaire, naïf, direct, mais, comme diraient les classiques chinois, « habité par le mouvement de la vie ». Un art à l’état de nature, où l’on sent la fraicheur d’invention, toujours renouvelée, de la  » spontanéité perdue ».…En fait, par sa fraicheur et son sens de l’absurde, son côté narratif aussi, à la limite du délire, l’art de Jaber appartiendrait, si un tel concept pouvait exister, à une catégorie bien particulière, celles de comiques de l’art brut, ou alors on pourrait considérer Jaber comme une sorte de naïf brut, aux frontières de l’art populaire.
>> Laurent Danchin

Extrait du texte du catalogue de l’exposition « Jaber », Paris – La Gaude, 1991

Marie-Françoise VALOIS

Marie-Françoise VALOIS, Poupée silencieuse – 58,5 cm x 48,5 cm x 13 cm – 2008 – Collection Art et Déchirure

Hubert DUPRILOT

Hubert DUPRILOT est né en 1975. Il vit à Rouen. Entre art brut et expressionnisme, peintre de la condition humaine, son travail s’inscrit dans la ligne de Zoran Music et Giacometti.

Notice du catalogue Art et Déchirure 2017 :
Hubert Duprilot occupe une place singulière dans la peinture, entre art brut et expressionnisme. Une recherche sans limites pour offrir une œuvre à part, qui laisse immanquablement une trace forte dans l’esprit du spectateur. Sa représentation de l’humanité très remarquée fait montre d’une grande sensibilité, d’un besoin viscéral de peindre. Les couleurs, les sujets graves, mythologiques ou plus « légers » traduisent les rapports de l’homme avec sa condition. Sa démarche l’inscrit dans un sillon prestigieux qu’empruntèrent jadis Zoran Music ou Giacometti.
Jean-Henri Maisonneuve

Bernard BRIANTAIS

Bernard BRIANTAIS, Rends l’ISF (détail), collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Artiste autodidacte, paradoxal, humaniste, érudit, engagé. Influences : Rabelais, Brueghel, Goya, Turner, Courbet, Karel Appel, Rothko. Technique : sanguine, encre de chine, crayon de couleur. Il pousse l’observation du réel jusqu’à la caricature, il n’élude ni la cruauté, ni la violence, ni l’injustice du monde. Drolatique et joyeusement macabre. Sa première exposition personnelle : Galerie d’Art Contemporain J.C. Fradin – Nantes, en 1988. Il a participé au festival Art et Déchirure en 2017 et en 2019.


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

Bernard Briantais était-il, dans ses premiers dessins que je découvrais, naïf, art-brutiste ou singulier ? Ce qui me retint, dans cette rencontre, fut de constater la nature puissamment compulsive de son expression : peindre, dessiner comme on respire, pour respirer. Je suivis l’avancée de ses productions, tranquillement obstinée. Qui creusait. Sans jamais imiter, tricher ou mentir. Travail du peu à peu se resserrant sur ses sujets et, pourquoi pas, ses obsessions. Attention s’aiguisant, par exemple, sur « les gens de peu », plus haute et altruiste que la chiche empathie : une considération. Nul doute que cet artiste-là aime ses personnages.
Lorsque j’ai découvert les figures en volume de Bernard Briantais, j’ai compris qu’il avait trouvé là le plus juste de son expression. Boîtes habitées, cageots, caisses, cadres de scène, castelets, théâtres de la vie : nous y sommes, nous sommes dans cette réalité de bric et de broc, ce bricolage de nos vies et des vies que nous côtoyons, parfois sans les voir, cette récupération de tout et de n’importe quoi, du magistral et du minimal, du grandiose et de l’infime, du supraordinaire et de l’infraordinaire, pépites et déchets, richesse et pauvreté. Parce que nous sommes tous, entre nos ombres et nos lumières, monstres et animaux et démunis et risibles, mais si fragiles, mais si bancals, mais si touchants, mais si délicats.

Bernard Bretonnière, novembre 2018

Éric DEMELIS

Éric DEMELIS est né le 27 décembre 1974 à Annecy. Il vit et travaille à Grenoble. Influencé par Pieter Brueghel, Jérôme Bosch, l’art brut et le monde de la BD. Univers saturés, foisonnement de la figure, fantasmes, angoisses, omniprésence de l’œil qui contemple le spectateur : mise en abyme. Support et technique privilégiés : encre de Chine sur papier. Première exposition personnelle en février 2013 à la galerie grenobloise Alter-Art.

« Ça grouille, ça gargouille, ça grince, ça grimace (…). La posture est obsessionnelle qui fait qu’un seul tableau les contient tous. » Emmanuel Merle

Éric DEMELIS, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

Le terrain de jeu d’Éric Demelis se situe aux limites, en lisière de plusieurs univers : ni art savant ni produit d’une quelconque expression art-brutiste, ni bande dessinée ni dessin classique, ni réaliste ni onirique, ni drolatique ni sérieux… et, cependant, quand même un peu tout ceci à la fois… Ce sont cette indéfinition définitive et cette instabilité essentielle qui nous attirent et nous captivent. On pressent que ses compositions sont porteuses de sens mais le décryptage en est difficile. On soupçonne cependant une logique inflexible derrière tous ces montages, un peu à la façon dont Raymond Roussel construisait ses récits. Mais les rails en mou de veau portant la statue de l’ilote en baleines de corset fuient dès que l’on s’efforce d’en appréhender la signification…
On décèle, dans les dessins d’Éric Demelis, qu’ils soient réalisés en solo ou en duo, la manifestation d’angoisses sous-jacentes, de peurs refoulées, qui s’enracinent dans les mythes et les nostalgies d’un passé plus ou moins distant. Ils révèlent la difficile expérience d’une vie, en perpétuelle tension entre être et paraître, entre agir et observer, entre implication et contemplation, ce qui faisait dire à Sartre : « La vie, c’est une panique dans un théâtre en feu. » Et quand il faut sauver les meubles devant la menace de l’in­cendie, l’artiste fait le choix de se retirer avec ses fantasmes et ses regrets plutôt que de prendre le risque de repartir d’une page blanche.

Louis Doucet, août 2015

ANNIE

ANNIE, Mère et enfant, 2009, crayon gras et acrylique sur papier, 66 x 87 cm, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG