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Collection : Catherine LEGRAND


La minute singulière : Catherine LEGRAND
Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :
L’errance est le fil de mes obsessions, elle me fait me perdre et me retrouver sans cesse. Comme moi, mes personnages sont en constants déplacements, ils errent dans leur propre histoire, on ne sait s’ils sont en fuite ou bien en quête.
Orienté vers l’art officiel, mon travail a d’abord été conforme à l’enseignement que j’avais reçu dans les écoles d’art… Mais mon chemin m’a conduit très tôt vers un hôpital psychiatrique, tout d’abord comme artiste, puis comme art thérapeute. C’est à ce moment là que l’art singulier s’est imposé à moi, comme une évidence. La psychanalyse avait, elle aussi, croisé mon chemin.
J’ai choisi de m’exprimer autrement, en laissant des mains à l’ouvrage, inspirées par les matières et animées par une forte nécessité intérieure, d’aller de la mise en forme à l’idée et non de l’idée vers la mise en forme… Sans doute la Gelstaltung de Hans Prinzhorn.
Catherine Legrand
Marie-Christine BOUYER


Catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :
Marie-Christine est née en 1964. Elle entre à l’ESAT Arc en Ciel de Cholet en 1995 et fréquente « Artelier » depuis 2007. Marie-Christine communique très peu ; elle consacre une grande partie de son temps au dessin et à la peinture. Elle travaille en silence, très concentrée, ignorant les autres. Plusieurs années durant, elle a représenté sa fascination pour les « miss France » avec leur écharpe du millésime. Ensuite le thème de la maternité est devenu omniprésent. Sa peinture est en constante évolution : désormais elle peint longuement la même surface, les couches se superposent jusqu’à modifier complètement le tableau initial. La composition scinde souvent l’œuvre en deux parties, isolant, cloisonnant les couples, qui sont sa nouvelle préoccupation, dans une sorte d’incommutabilité. Marie-Christine n’a plus la notion d’œuvre achevée, elle pourrait peindre indéfiniment sur la même toile des tableaux qui se modifieraient sans cesse.
Expositions à la galerie HANG’ART de Saffré en 2010 et 2011.
Jean Boccacino
Vincent PRIEUR

Notice du catalogue Art et Déchirure 2017
Des yeux en amandes aux couleurs de mer, des joues rosies par l’air extérieur. Des visages d’hommes et de femmes aux cheveux de lin.
Des véhicules, voitures, bateaux, montgolfières, avions, vélos, mobylettes, roulottes, aux passagers ombreux, serrés les uns contre les autres tendus vers une même destination.
Femmes si nombreuses, charmantes, charmeuses, par leur maintien, leur port de tête, leur cou gracile, chapeautées de bleu de vert de gris, leurs jupes courtes sur cuisses galbées, aux mains gracieuses, aux seins que l’on devine si on ne les voit, aux robes colorées, des filets de pêche. Ces hommes aux costumes de métiers aux détails précis, pêcheurs, photographes, cuir, clous, et la cigarette au coin des lèvres, gentil ou mauvais garçon, on les imagine gouailleurs. Bas-reliefs façades de maisons, ces voisins, tous dans un même «bateau ».
Cadres fenêtres ronds ou carrés avec des personnages, intérieur et extérieur, hommes et femmes et ds animaux, des poissons, des cochons, des vaches, des chevaux, compagnons de voyage, de vie. Boîtes où se rangent avec humour des personnages serrés les uns aux autres.
Les sculptures de Vincent sont faites de matériaux chargés d’histoire, d’objets chargés de vie, aux nouveaux rôles tellement poétiques, retrouvant une nouvelle vie, du passé vers l’éternité : cordages, filets, fil de lin, bois flottés, pierres, cuir, fil de fer, mais aussi anciennes portes, volets, bois de tonneaux, outils en fer, cadrans de thermomètre, de baromètre, poignées, verrous, phares, ampoules, ferrures, serrures, couleurs de rouille…
Ses sculptures me parlent du monde, des situations de proximité, des conversations, des confidences, du partage, des instantanés de vie simple…
Et ces instants figés à un moment dans une création sont autant d’instant d’éternité, d’universalité, d’humanité.
Cathy Allais, collectionneuse d’art.
Vincent fait cohabiter en toute discrétion une nonchalance et de la volonté, de la rêverie et un grand sens de la matière, de la prose et de la poésie, de l’inquiétude et de la sérénité tout en douceur, donnant à sa personne une vraie présence ; une présence à la fois dense et légère. (…)
Dominique, Café associatif « L’écume du jour »
Notice du catalogue Art et Déchirure 2016
Je construis mes sculptures comme dans mon enfance, quand je faisais un théâtre pour me faire du théâtre, un univers de la dérision et de liberté.
Des ondines venues d’on ne sait trop ou s’installent discrètement dans nos paysages bucoliques et sur nos plages désertées par les touristes. Accueillies par Vincent Prieur, qui les habille et les maquille, elles déploient l’élégance de leur formes. Après un dernier voyage à bord de véhicules bricolés qui cahotent dans notre imaginaire, les voilà qui égayent nos vies.
René Turc
Vincent-Henri THOMAS (VHT)

La vie d’un travailleur en 12 stations. Une Passion donc : « la représentation universelle et intemporelle du travail et de son usure. » L’embauche, la tâche, la distraction, l’aléa, le travail, l’incident, le labeur, l’accident, le chômage, le reconversion, dernier emploi, la retraite.
Notice du Festival Art et Déchirure 2014 :

CHRISTOPHE
Extrait du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019
Né en 1963, CHRISTOPHE vit et travaille à Paris. Sculpteur de poésie, il use de matériaux bruts. Il aime les actions simples et les gestes élémentaires, ceux de l’atelier qui prolongent ceux du monde du travail.

Extrait du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :
« Le monde de Christophe est celui de l’amour du matériau brut, du métal, du bois, dénichés et collectés avec une grande tendresse dans les fermes et les entrepôts.
Chaque élément a d’abord été soigneusement choisi, puis assemblé avec grâce et un grand savoir-faire.
Les sujets les plus « humbles » nous donnent ainsi à rêver (le chien du voisin, l’Imbécile heureux, le mégalopolien et ses peines de cœur, la jeune fille séduite par le beau parleur, etc.)
La mythologie est également omniprésente dans son œuvre : l’Odyssée d’Ulysse, Icare, le Cheval de Troie, Adam et Ève.
De petits instants du quotidien, de l’ordinaire, sont aussi attrapés au vol par son radar bienveillant.
La vraie aristocratie ne résiderait-elle pas dans l’économie de moyens, dans la convocation du beau et du rêve à partir d’un marteau, d’une serpette, de vieux outils assemblés dans leur seconde vie ?
Il y a aussi ici sans doute critique de la corruption généralisée de l’époque par la marchandise ; de même qu’une prédilection pour les actions simples qui nous ramènent à des gestes élémentaires, ceux de l’atelier prolongeant ceux du monde du travail.
Le jeu, l’ingéniosité, la jubilation de créer sont une marque essentielle de l’œuvre de Christophe. »
Olivier Sultan
Béatrice BABARIT
Béatrice Babarit est née en 1959. Elle fréquente « Artelier » de 2000 à 2012 (ESAT Arc-en-Ciel à Cholet). Elle travaille à l’encre de Chine. Elle commence par peindre un fond à l’acrylique sur papier puis appose sa signature avant de commencer à dessiner. Elle travaille d’après photo (personnelles ou trouvées dans des catalogues de robes de mariées). Elle a quitté Arc-en-Ciel en 2012 pour rejoindre un foyer de vie.
L’œuvre de Béatrice BABARIT a remporté un grand succès au festival Art et Déchirure » de Rouen en 2008.


Pascal SAINT-VANNE dit VLADIMIR
Pascal SAINT-VANNE dit VLADIMIR, né en 1956 à Verdun (Meuse)
https://www.vladimir-peintre.fr/
autodidacte – instinct – sans calcul – sans théorie – sans a priori – sans souci de plaire – sans message – écorché – souffrance – douleur – passion – frénésie – sensibilité – amour – humour – peintre –

Article du catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :
« Vladimir Saint-Vanne étreint à cœur les talismans de la haute peinture, et ses œuvres vives, brutales et crues, sont autant d’implacables cicatrices, arrachées du dedans à la mort-vie. Et celui qui sait créer sait aussi écrire. Mots qui traversent le langage et recréent la langue.
Les tendresses saccagées de la peau fouillent l’insondable opacité. On dirait des plaques d’abîme, des mémoires de plaie, et des surgissements accablants de vérité transgressée, et de sincérité nue. Sensibilité sans barrière surgie sans limite de nos lointains cachés. Le tout autre, halluciné et vrai, blesse l’univers entier de la toile.
Innombrable autoportrait fracassant le miroir aveugle de tous les Narcisse de la modernité. La prise de risque est insensée, et son humanité saisissante.
Vladimir Saint-Vanne ose brûler les surfaces. Ce créateur des extrêmes est un dur-à-peindre. Un récalcitrant. Il creuse des trous dans la peinture. Il ne craint pas la sanglance vitale. Œuvre broyée d’art et de vie.
Sous l’étendue, couve la fragilité des grands fonds. L’art vit de ces braises chaudes. »
>> Christian Noorbergen
JABER
JABER (1938 – 2021)

Notice du catalogue Festival Art et Déchirure 2016 :
Les peintures et sculptures de Jaber sont comme les sketches qu’il joue dans la rue : jonglant non plus avec les sons, les mots ou les accents divers, mais avec les formes, les symboles, le rythme des couleurs, en général elles racontent quelque chose, dans un coq-à-l’âne débridé, au premier abord difficile à déchiffrer. C’est un art élémentaire, populaire, naïf, direct, mais, comme diraient les classiques chinois, « habité par le mouvement de la vie ». Un art à l’état de nature, où l’on sent la fraicheur d’invention, toujours renouvelée, de la » spontanéité perdue ».…En fait, par sa fraicheur et son sens de l’absurde, son côté narratif aussi, à la limite du délire, l’art de Jaber appartiendrait, si un tel concept pouvait exister, à une catégorie bien particulière, celles de comiques de l’art brut, ou alors on pourrait considérer Jaber comme une sorte de naïf brut, aux frontières de l’art populaire.
>> Laurent Danchin
Extrait du texte du catalogue de l’exposition « Jaber », Paris – La Gaude, 1991
Marie-Françoise VALOIS

Hubert DUPRILOT
Hubert DUPRILOT est né en 1975. Il vit à Rouen. Entre art brut et expressionnisme, peintre de la condition humaine, son travail s’inscrit dans la ligne de Zoran Music et Giacometti.

Notice du catalogue Art et Déchirure 2017 :
Hubert Duprilot occupe une place singulière dans la peinture, entre art brut et expressionnisme. Une recherche sans limites pour offrir une œuvre à part, qui laisse immanquablement une trace forte dans l’esprit du spectateur. Sa représentation de l’humanité très remarquée fait montre d’une grande sensibilité, d’un besoin viscéral de peindre. Les couleurs, les sujets graves, mythologiques ou plus « légers » traduisent les rapports de l’homme avec sa condition. Sa démarche l’inscrit dans un sillon prestigieux qu’empruntèrent jadis Zoran Music ou Giacometti.
Jean-Henri Maisonneuve