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Daniel ROGER

Daniel ROGER, Casemate, 2016, sculpture, papier et colle, collection Musée Art et Déchirure

Marc GIAI-MINIET

Marc Giai-Miniet est né en 1946. Il peint avec beaucoup de force un monde souterrain. Il fabrique aussi dans des matériaux divers de petites scènes situées dans des boîtes : des montages à la fois fantasmés et réalistes d’immeubles vus en coupe, locaux aménagés pour des causes obscures, laboratoires, ateliers, coins d’usines, dépôts d’archives.

Marc GIAI-MINIET, Boucherie n°1, technique mixte, 2015, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

C’est en 1995, pour répondre à un projet d’exposition, que j’ai commencé à découper des bouts de carton et des matériaux divers pour les agencer en relief selon l’ordonnance de mes tableaux, dans des boîtes. Je n’avais pas oublié qu’adolescent j’avais eu le désir d’être du monde du théâtre, côté décors et accessoires. Mes boîtes sont vite devenues un prolongement essentiel à ma peinture: même point de vue frontal sans perspective ni profondeur ni hors champ. C’est un espace plastiquement clos pour un discours sur des espaces clos et où se joue un  théâtre existentiel.
Mon travail puise dans l’Homme, ou plutôt il puise dans la question de l’Être. Qu’est-ce que l’Homme? Comment donner forme plastique au rapport esprit/matière, que font les sociétés de la matière spirituelle, de la mémoire, de la pensée, des souvenirs, de l’intelligence? Comment dire ce que sont la chair et les os, à quoi servent ces restes funestes qui jettent l’effroi?
Mes boîtes sont la métaphore de ce questionnement: souvent composées en étages dont le plus élevé comporte fréquemment une «bibliothèque», aux livres blanchis et silencieux, qui inaugure un parcours incertain vers les étages inférieurs, de plus en plus sombres, énigmatiques puis infernaux, comme une métaphore de la vie humaine.
Tout s’opacifie pour moi, hélas, dans ce passage de la lumière vers l’ombre. Cependant cette lumière qui nous vient d’en haut pourrait, je l’espère, encourager une lecture inverse: celle des zones obscures de l’Homme vers sa pleine conscience et la clarté de la connaissance.

Marc Giai-Miniet

Claude DORÉE

Claude DORÉE, Le Désespoir, huile sur toile, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

De Santesteban

De Santesteban, Dansons sous la pluie, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Chong-Ran Park

Chong-Ran PARK, Boîte votive, 2017, technique mixte, collection Musée Art et Déchirure


Catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

Chez Chong-Ran Park, les dessins comme les boîtes évoquent des cris rentrés. Avec patience et virtuosité, chaque pièce manifeste quelque chose de simple et tragique (…). Ses œuvres sont autant de petits autels livrés à la dévotion laïque d’une figure masculine et filiale pour les dessins, féminine et végétale pour les boîtes. Les motifs sont centrés, ajustés dans de savantes symétries de paperolles, à la manière des reliquaires minutieusement confectionnés autrefois par de pauvres nonnes vénérant leur dieu. La modestie des matières contrastent avec l’exubérance des formes architecturées, des dorures et des couleurs. Ces boîtes votives se veulent des intercessions sublimes et païennes entre notre monde et l’art (…). Derrière le merveilleux écran figé qui cache autant qu’il montre, pointent la distance diffuse de l’exil, la nostalgie des innocences perdues mais surtout l’hommage à une figure anonyme, mythifiée. « La femme de trente trois ans » ou « La convalescente » (traductions du coréen) sont des titres emblématiques d’œuvres où les divinités consacrées sont des femmes habituellement invisibles, humble jeune fille ou simple servante. Patiemment Chong-Ran Park peint et construit avec un raffinement obstiné un univers de tensions contenues, d’apaisement, qu’elle enclôt dans le silence de célébrations à la fois grandioses et discrètes.

Danielle LE BRICQUIR

Danielle LE BRICQUIR expose en France et à l’étranger. Son œuvre figurative et féérique est un hymne à la poésie et s’inspire des légendes celtes, réminiscences de son enfance bretonne

Migas CHELSKY

Migas CHELSKY, sans titre, technique mixte avec carton, musée Art et Déchirure, photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

MA DÉMARCHE
Je viens du collage et pour cette raison, je me sens bien plus à l’aise à devoir rassembler et ordonner des éléments épars dans une composition esthétique qu’à démarrer un tracé sur une toile immaculée (pratique que j’adopte pourtant avec mes dessins que j’entreprends toujours de manière aléatoire).
J’aime les amoncellements de vieux éléments (objets qui ont vécu ou détritus émouvants), les boîtes à trésors, les greniers, les brocantes, voire les poubelles.
Je suis fasciné par les matières fatiguées, patinées : la ferraille attaquée par la rouille (qui donne des couleurs si extraordinaires !), le bois, le cuir etc.
Quand je réalisais mes photomontages, je puisais dans des piles de revues, des boîtes de photos ou de morceaux de photos classés arbitrairement par thèmes ou par couleurs, des éléments que je tentais de rapprocher pour qu’il se passe quelque chose au niveau du sens et de l’esthétique. Cela se faisait en suivant une idée ou en la recherchant.
Aujourd’hui, je fabrique des maisons délabrées, abandonnées, isolées sur et avec du carton ondulé. J’aime ce matériau pour sa « générosité » : sa matière et ce qu’il m’offre quand il est dénudé, lacéré, froissé, percé… et puis il y a de la dérision dans ce carton !
A côté des maisons, je crée des êtres hybrides avec mes dessins, des personnages grotesques composés de bric et de broc avec mes figurines et mes masques assemblés de matériaux divers.
Je travaille sur des thèmes que j’essaie d’explorer à la frontière de la réalité et de l’imaginaire en adoptant, au départ, des images simples enfantines comme les bonshommes, les maisons, les arbres…
 

Alain TOUZEAU

Alain TOUZEAU, sans titre, pastel, crayon, Musée Art et Déchirure

Détail, avec en reflet dans la vitre du cadre, un wagon du train de Francis MARSHALL exposé dans le parc du musée Art et Déchirure…

Angélik BARRÉ

Angélik BARRÉ, Les eux sont brouillés, peinture sur bois, mai 2008, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG
détail

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2012 :

« Glauque », « joli », « surprenant », « bizarre », « particulier », « marrant », « surréaliste », « vulgaire », pas mal d’adjectifs ont été utilisés pour qualifier mon travail. Ils révèlent tout à fait ce que je cherche à montrer à travers mes toiles : une opposition entre un visuel « joli » et un texte « glauque ». Mes toiles jouent sur les mots, font du second degré, mélangent réalisme et illustrations, utilisent la couleur tout comme le noir et blanc, se composent dans un joyeux bordel organisé où tout s’entrecroise, se superpose, s’oppose de manière à ce que chacun y fasse son interprétation. Mon processus de travail est simple : j’observe, j’écoute; le quotidien m’inspire quelques mots que je griffonne sur mon calepin et après j’improvise à même la toile. Je travaille à l’intuition, je me laisse guider par mes pinceaux au grès de mon humeur. Pour ce qui est de la technique, tout est peint et j’y tiens! Pour les visages réalistes je redessine des photos trouvées ici et là : des inconnus, des amis, la famille et si je ne trouve pas l’expression ou l’angle qui me convient je prends mon miroir et fait mes grimaces…, pour les illustrations, pas de modèles, juste un miroir pour les expressions et quelques mise en situation pour les postures. Autant vous dire que mes toiles sont très personnelles, vous y rencontrerez ma grand- mère, mon neveu, le fils d’une amie, moi… et vous y lirez une partie de mon quotidien. Mais ne vous attendez pas lire en moi comme dans une toile accrochée; l’ambiguïté, les différents niveaux de lecture et les sous-entendus restent mes maîtres-mots. Petite mes crayons ont été mon moyen d’expression favori pour me faire comprendre, pour me défouler, pour évacuer, devenue adulte rien n’a changé.

CHRISTIANIA

CHRISTIANIA, Mémoires dysharmoniques, 02/2014, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

La création de Christiania répond à un état de perpétuelle résilience et de combat en une nécessité intérieure et vitale. Autodidacte, elle s’exprime de manière expulsive et intuitive à fleur de peau dans un besoin d’absolu (…)
Ses dessins d’une étonnante beauté, envoûtants, bouleversants, dérangeants, mystiques et oniriques à l’encre noire cristallisée de texture Intime – marqués d’emblée par l’étrangeté ; nous livrent un monde en exil au langage multiple – indépendamment Libre. Un mode de vie poétique, habité, illuminé aux portes de l’extrême. Ses œuvres avec lesquelles elle fait corps, sont les retranscriptions personnelles de ses visions les plus profondes, perçues, vécues et transcendées de l’angoisse insondable au ravissement… (…)
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