Jean MÉDARD

Jean MÉDARD, sans titre (avec reflets), bois, coquillages, cordages, matériaux divers, collection Musée Art et Déchirure
Jean MÉDARD, détail (avec reflets), bois, coquillages, cordages, matériaux divers, collection Musée Art et Déchirure
Jean MÉDARD, détail (avec reflets), bois, coquillages, cordages, matériaux divers, collection Musée Art et Déchirure
Jean MÉDARD, Un bon petit diable (avec reflets), papillon, coquillages, matériaux et ustensiles divers, 2010, collection Musée Art et Déchirure

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

Né à Berck-Plage en 1949, je vis en Meuse à Laimont . Le Festival « Art et déchirure » m’accueille pour la troisième fois. En 2008, présentation de « L’Exode » et en 2014 pour une évocation des « Cabinets de curiosités ». Cette année, je reste fidèle à ma démarche et me plais toujours à exhumer les traces d’un passé enfoui à travers des objets dépréciés, abîmés, oubliés, pour créer de nouveaux liens, des nouvelles histoires. Redonner à voir ces objets dans des assemblages inattendus pour de nouvelles aventures dans l’imaginaire du « regardeur ».

« Jean Médard est convaincu qu’on n’est pas né de la dernière pluie et qu’il est bon de poser sur les objets et les choses du passé, un regard sensible, amusé, parfois faussement naïf, incluant la dimension de l’humour toujours. Il apparie ces morceaux du temps égarés dans le présent dans des constructions inventées, des métamorphoses propres à les réenchanter. En revanche, ce qui est nouveau, c’est sa volonté d’accorder plus de place à la couleur, la lumière, les effets de transparence dans ses compositions, de concevoir les fonds comme des paysages, d’installer des atmosphères plus souriantes.  Et comme l’encadrement, est à la fois fermeture et frontière ne demandant qu’à être franchie, il le travaille désormais dans cet esprit d’ouverture. Une façon de dire à ses créations : Allez-y, vivez votre vie !  »

Catherine MEUNIER

Catherine MEUNIER est née en 1973 et a travaillé à l’atelier Campagn’Art à partir de 1996. Aimant le rose, et les paillettes, elle affectionne les petits croquis et dessins de personnages miniatures semblant sortis de maisons de poupées. En céramique, les maisonnettes qu’elle réalise sont le support à la création d’histoires qu’elle a envie de raconter. Elle façonne chaque petit sujet avec ‘amour’, leur parle et leur explique en secret quelle aventure ils vont vivre.
Elle a participé au Festival Art et Déchirure en 2014.
Campagn’Art

Catherine MEUNIER, Maisonnette, céramique, 2014, collection Musée Art et Déchirure

Micheline MÉNARD

Micheline MÉNARD est née à Vaux-en-Velin en 1969. Elle utilise des techniques diverses qu’elle explore habituellement six mois avant d’en changer. Son œuvre représente des animaux, des fleurs et des personnages travaillés de préférence en gros plan dans des couleurs très vives. Aujourd’hui, c’est en sculpture que l’art de Micheline se développe le plus. Elle réalise des vases, des pots à figure humaine, des ensembles de tours de différentes hauteurs et des séries de personnages et animaux solitaires ou en couple. Le travail minutieux de décoration qui s’en suit et son trait précis donnent à ses céramiques une étonnante qualité graphique très appréciée. Travailleuse acharnée, continuellement de bonne humeur, elle est toujours partante pour les projets monumentaux et collaborations avec d’autres ateliers.
Campagn’art

Micheline MÉNARD, céramique, 2014, collection Musée Art et Déchirure
Micheline MÉNARD, céramique, 2014, collection Musée Art et Déchirure
Micheline MÉNARD, céramique, 2014, collection Musée Art et Déchirure
Micheline MÉNARD, céramique, 2014, collection Musée Art et Déchirure

Origines du CHR : de Saint-Yon à Quatre-Mares

Histoire d’un lieu de santé mentale

Chronologie :

1714-1789 : manoir de Saint-Yon, rue Saint-Julien, quartier Saint-Clément à Rouen : maison-mère des Frères des Écoles chrétiennes (d’où l’appellation de « Frères Saint-Yon »).
1740 : un « Pensionnat de force » et une section destinée aux jeunes aliénés sont implantés au sein de cette maison d’éducation.
1792 : fermeture du couvent de Saint-Yon.
1808 : création d’un Dépôt de Mendicité
1821 : le Dépôt de Mendicité est remplacé par l’Hospice d’Aliénés : début de la psychiatrie.
1838 : l’hôpital devient une référence pour le traitement des maladies mentales. Malgré plusieurs agrandissements, le nombre croissant de pensionnaires oblige à l’ouverture d’une « succursale rurale ».


1845-1854 : construction de la « succursale rurale » à Sotteville-lès-Rouen, dans le hameau de Quatre-Mares sur le terrain dit « Clos de la Haie Brout » de M. Prevel, acquis par le Département.
1851 : ouverture du nouvel établissement.
1875-1879 : construction d’un deuxième asile sur la commune de Saint-Étienne-du-Rouvray ; il est administré par la communauté des sœurs de Saint-Yon.
1879 : fermeture du « Vieux Saint-Yon ».
Les deux asiles sont administrés séparément jusqu’à la fin du XIXe siècle ; la limite entre les deux correspond à la limite des deux communes :
– Au nord, sur Sotteville-lès-Rouen, « Quatre-Mares » était destiné aux hommes.
– Au sud, sur Saint-Étienne-du-Rouvray, « Saint-Yon » était destiné aux femmes.
1920 : la réunion des deux asiles donne naissance à la « Maison de Santé Départementale », puis « Hôpital Psychiatrique Départemental » en 1938. 2700 malades y sont hospitalisés.
1940-1944 : les bombardements détruisent 70 % des bâtiments.


45 000 personnes meurent en France dans les hôpitaux psychiatriques durant la guerre : le Dr Lucien Bonnafé parle d’ « extermination douce ».


1945 : début d’une lente reconstruction (rôle central du Dr Bonnafé, psychiatre désaliéniste et père de la politique de secteur psychiatrique, maire de Sotteville-lès-Rouen en 1952-1953). Hommes et femmes restent séparés.
1963 : une importante réforme de la psychiatrie amène à la réorganisation du plan de l’établissement : certains grands bâtiments disparaissent au profit de structures plus petites, sectorisées par activité et non plus par sexe.
1968 : suite à la loi sur le statut des hôpitaux psychiatriques, l’hôpital devient « Établissement Public Départemental », puis « Centre Psychiatrique du Rouvray » en 1973, puis « Centre Hospitalier Spécialisé du Rouvray » en 1979, puis « Centre Hospitalier du Rouvray » en 1991.
Le projet définitif du nouvel hôpital est adopté en 1969 et les premiers travaux débutent en 1971.

Le pavillon des femmes (pavillon de la Roseraie), situé au sud-est du parc, qui abrite aujourd’hui le musée Art et Déchirure dans son rez-de-chaussée, est fermé en 1982. Il est caractéristique de l’architecture hospitalière et asilaire de la fin du XIXème siècle : un bâtiment à façade en brique rouge, composé d’un alignement de salles longées par un couloir latéral éclairé par de hautes fenêtres.
Couvent, caserne et prison : un peu de chacun de ces héritages participe à l’esprit des lieux, avec en commun le témoignage d’un évident esprit d’ordre et de rationalité.

En somme un lieu dont tout l’ordonnancement semble contredire la notion de singularité, de différence, de désordre ou d’étrangeté.
C’est justement cette contradiction, ce paradoxe, qui fait la justesse et la richesse de cet « oxymore muséal » qu’est le Musée Art et Déchirure.

Jean-Michel CHESNÉ

Jean-Michel CHESNÉ, Treadwell, NY, dessin, encre de Chine sur papier, août 2009, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Jean-Michel CHESNÉ, série des « dentelles », dessin, encre de Chine sur papier, 2015, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

Né à Paris en 1959, Jean-Michel Chesné crée depuis plus de 35 ans. C’est en effet au début des années 80, après des études d’agriculture, qu’il se passionne pour l’art. Mais sa visite au Palais du Facteur Cheval à Hauterives en 1992 est un véritable choc et oriente définitivement son goût vers un art plus marginal.
Vers 2008, son travail a pris une tournure particulière. Il s’agit de dessins qu’il appelle lui-même « dentelles » . Cette série est née de la rencontre fortuite avec un stylo à l’encre blanche, dont il explore sans fin les possibilités sur des fonds d’encre de Chine noire, faisant naître par un jeu d’emboîtements successifs, un bestiaire et un peuple de personnages aux allures primitives raffinées. On y retrouve aussi des animaux et des êtres hybrides nés de son imaginaire «composite». Une mythologie personnelle issue de l’accumulation d’images glanées depuis des années. Ce qui dans ses premiers essais graphiques ressemblait davantage à de l’improvisation ou à de l’automatisme s’est peu à peu transformé en un véritable vocabulaire, peut-être moins sauvage mais plus abouti.
On notera l’omniprésence de la nature avec des animaux plus ou moins réalistes cohabitant dans une végétation luxuriante. Une sorte de paradis perdu où trônent parfois fièrement des déités couronnées, des dignitaires coiffés. De ces silhouettes émane une vibration, une tension dynamique entre le noir et le blanc. Les contours très découpés, très sinueux montrent des êtres statiques ou animés dont l’intérieur organique ne contrarie pas la grâce de l’ensemble.


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2012 :

Né à Paris en 1959, Jean-Michel Chesné dessine et peint depuis bientôt 30 ans ; c’est en effet au début des années 80 qu’il se passionne pour l’art mais sa visite au Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives en 1992 sera un véritable choc qui orientera définitivement son goût vers l’Art Brut et aura une incidence radicale sur son travail à tel point qu’en 1997, il entame la construction d’une grotte-chapelle recouverte de mosaïques au fond de son jardin qui fait régulièrement l’objet d’articles dans la presse.
C’est un autodidacte à la recherche de techniques nouvelles et de matières au service de créations de tout ordre. Il fonctionne par séries afin d’exploiter au maximum ses nouvelles idées et passer ensuite à autre chose. C’est ainsi que l’on peut voir dans l’ensemble de son œuvre des dessins anthropomorphes à l’encre ou à la craie, des fantaisies colorées aux crayons de couleur, mais aussi des têtes en céramique ou des sculptures en plastique fondu. Un grand écart entre les thèmes et les techniques qu’il assume pleinement tout en conservant un style très personnel. Son principal moteur étant l’imaginaire, cet artiste ne peut se cantonner au cadre restreint de la toile ou de la feuille de papier.
Récemment, son travail a pris une tournure particulière. Il s’agit de dessins qu’il appelle lui-même «dentelles»  à l’encre blanche, où l’on retrouve des animaux ou des êtres hybrides issus d’un imaginaire fantastique ; Des silhouettes d’où émane une vibration, une tension dynamique entre le noir et le blanc ; le contour très découpé, sinueux en même temps, montre des personnages parfois en mouvement, évoquant la gestuelle du danseur ; l’intérieur organique ne contrariant pas la grâce de l’ensemble. On y retrouve également des constructions totémiques complexes alliant le païen et le sacré.
Un peuple fantasmagorique, créatures inquiétantes et séduisantes à la fois, émergeant du plus profond de lui-même, dans cet état particulier entre concentration et rêverie. Les dessins de Jean-Michel Chesné peuvent rappeler certaines peintures tribales de l’Inde par leur technique, mais aussi les génies de la mythologie japonaise ou chinoise, même s’ils sont en fin de compte, irréductibles à toute référence, sauf celle, intime, de l’artiste.
Impliqué et actif dans le monde de l’art Brut, on peut également retrouver ses textes dans les revues consacrées à cette forme d’art (Raw vision, Création franche,  Zon’Art etc.).
Collaboration à la revue Gazogène depuis 10 ans.
Témoignage dans le catalogue de l’exposition Chomo – Halle Saint-Pierre 2010


Collection : Jean-Michel CHESNÉ

Jean-Michel CHESNÉ, Treadwell, NY, dessin, encre de Chine sur papier, août 2009, collection Musée Art et Déchirure


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

Né à Paris en 1959, Jean-Michel Chesné crée depuis plus de 35 ans. C’est en effet au début des années 80, après des études d’agriculture, qu’il se passionne pour l’art. Mais sa visite au Palais du Facteur Cheval à Hauterives en 1992 est un véritable choc et oriente définitivement son goût vers un art plus marginal.
Vers 2008, son travail a pris une tournure particulière. Il s’agit de dessins qu’il appelle lui-même « dentelles » . Cette série est née de la rencontre fortuite avec un stylo à l’encre blanche, dont il explore sans fin les possibilités sur des fonds d’encre de Chine noire, faisant naître par un jeu d’emboîtements successifs, un bestiaire et un peuple de personnages aux allures primitives raffinées. On y retrouve aussi des animaux et des êtres hybrides nés de son imaginaire «composite». Une mythologie personnelle issue de l’accumulation d’images glanées depuis des années. Ce qui dans ses premiers essais graphiques ressemblait davantage à de l’improvisation ou à de l’automatisme s’est peu à peu transformé en un véritable vocabulaire, peut-être moins sauvage mais plus abouti.
On notera l’omniprésence de la nature avec des animaux plus ou moins réalistes cohabitant dans une végétation luxuriante. Une sorte de paradis perdu où trônent parfois fièrement des déités couronnées, des dignitaires coiffés. De ces silhouettes émane une vibration, une tension dynamique entre le noir et le blanc. Les contours très découpés, très sinueux montrent des êtres statiques ou animés dont l’intérieur organique ne contrarie pas la grâce de l’ensemble.


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2012 :

Né à Paris en 1959, Jean-Michel Chesné dessine et peint depuis bientôt 30 ans ; c’est en effet au début des années 80 qu’il se passionne pour l’art mais sa visite au Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives en 1992 sera un véritable choc qui orientera définitivement son goût vers l’Art Brut et aura une incidence radicale sur son travail à tel point qu’en 1997, il entame la construction d’une grotte-chapelle recouverte de mosaïques au fond de son jardin qui fait régulièrement l’objet d’articles dans la presse.
C’est un autodidacte à la recherche de techniques nouvelles et de matières au service de créations de tout ordre. Il fonctionne par séries afin d’exploiter au maximum ses nouvelles idées et passer ensuite à autre chose. C’est ainsi que l’on peut voir dans l’ensemble de son œuvre des dessins anthropomorphes à l’encre ou à la craie, des fantaisies colorées aux crayons de couleur, mais aussi des têtes en céramique ou des sculptures en plastique fondu. Un grand écart entre les thèmes et les techniques qu’il assume pleinement tout en conservant un style très personnel. Son principal moteur étant l’imaginaire, cet artiste ne peut se cantonner au cadre restreint de la toile ou de la feuille de papier.
Récemment, son travail a pris une tournure particulière. Il s’agit de dessins qu’il appelle lui-même «dentelles»  à l’encre blanche, où l’on retrouve des animaux ou des êtres hybrides issus d’un imaginaire fantastique ; Des silhouettes d’où émane une vibration, une tension dynamique entre le noir et le blanc ; le contour très découpé, sinueux en même temps, montre des personnages parfois en mouvement, évoquant la gestuelle du danseur ; l’intérieur organique ne contrariant pas la grâce de l’ensemble. On y retrouve également des constructions totémiques complexes alliant le païen et le sacré.
Un peuple fantasmagorique, créatures inquiétantes et séduisantes à la fois, émergeant du plus profond de lui-même, dans cet état particulier entre concentration et rêverie. Les dessins de Jean-Michel Chesné peuvent rappeler certaines peintures tribales de l’Inde par leur technique, mais aussi les génies de la mythologie japonaise ou chinoise, même s’ils sont en fin de compte, irréductibles à toute référence, sauf celle, intime, de l’artiste.
Impliqué et actif dans le monde de l’art Brut, on peut également retrouver ses textes dans les revues consacrées à cette forme d’art (Raw vision, Création franche,  Zon’Art etc.).
Collaboration à la revue Gazogène depuis 10 ans.
Témoignage dans le catalogue de l’exposition Chomo – Halle Saint-Pierre 2010


Jean-Michel CHESNÉ a construit dans son jardin à Malakoff une grotte-chapelle façon « Facteur Cheval » et a couvert les murs de sa cour de mosaïques selon la technique dite »Picassiette » qui utilise vaisselle cassée, miroirs, coquillages, bijoux, verres colorés et autres matériaux de récupération.

François BAZIN-BIDAUD

Catalogue du Festival Art et Déchirure, 2014

https://1jardin1artiste.fr/2012/02/francois-bazin-bidaud-sculpteur-metal/


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

L’homme qui soude accorde les éléments. Par ce geste, celui-là relie l’humanité car toute soudure est un acte de générosité pour rassembler les débris et les richesses du monde. Unir les formes à jamais équivaut à hurler contre la solitude et les vaines prétentions individuelles. Quand François Bidaud soude, il sait que par ce geste il réalise la métaphore de l’acte social d’excellence. Si la complexité de ses assemblages prouve la difficulté d’un tel sacerdoce, la couleur en dissipe l’effort car la pudeur l’oblige.
C’est bien que l’on rit et que l’on s’amuse de cet univers charmant avec ces valses d’enfants et ces corps enlacés, mais il fit aussi Gaza et ses danses macabres car l’art est le livre où s’écrit l’entier du monde. L’alentour où l’on essaie de se mouvoir parcourt mille traverses, soyons-lui en gré de ne pas l’oublier… Et de ne pas nous en asséner que les torrents de pleurs.

Catherine URSIN

« La lutte pour le respect de l’autre m’anime depuis toujours. L’altérité est une évidence et la reconnaissance de l’autre avec toutes ses différences est indispensable pour la survie de l’Homme. Tout mon travail est imprégné de ce «combat», inspiré par tous ces droits bafoués quotidiennement. Mes sculptures de fer, installations, dessins, peintures ou photographies transpirent mon indignation et mes ex-voto sont offerts aux forces divines ancestrales pour tous les blessés de la vie. »
Catherine URSIN

Catherine URSIN, sans titre, métal, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2010 :

Que de la récup’ : métal sous n’importe quelle forme, bidons, boîtes de conserves, capots de voiture et autres ferrailles et puis ficelle, os, dépouilles de petits animaux sans compter les huiles et peintures de rebut. Pour Catherine Ursin, la création est d’abord une activité physique, une lutte avec la tôle coupante qu’elle découpe, entaille, agrafe après l’avoir laissé vieillir, rouiller au besoin, la patine seule ayant une âme et permettant de surcroît des effets esthétiques.
Dans la fermeté et l’énergie qui la caractérisent, elle dépouille ses oeuvres de toute sentimentalité, les humains sont nus, seins marqués et sexes en évidence, à l’érotisme affirmé…
…Scènes où passe une certaine mélancolie, cet état incertain entre joie et tristesse : univers d’une étrange et puissante poésie.
Colette Pilletant-Rey – 2009

Paul DUHEM

Paul DUHEM est né en 1919 à Blandais.

Jeune orphelin, il affronte les affres de la guerre qui le conduisent à l’asile psychiatrique. Après avoir passé trente années dans une institution spécialisée à Tournai, il va vivre au centre de La Pommeraie à Ellignies-Sainte-Anne, en Belgique, où il est jardinier.

Vers 1990, il se met à peindre assidûment, trouvant dans la couleur les moyens de révéler les sensations qu’il lui est difficile de communiquer par les mots, brisant ainsi la solitude de sa condition. Dans cet atelier où il passe plus de vingt heures par semaine, il dessine sans relâche des visages et des portes, de manière répétitive et obsessionnelle. Paul Duhem se rendait à ses expositions mais ne parlait jamais de son travail, se montrant en revanche intarissable sur ses activités de jardinage. Paul Duhem est décédé en 1999 à La Pommeraie, dans ce lieu où il avait choisi de s’exprimer, laissant derrière lui une œuvre d’une force impressionnante présente dans de nombreuses collections publiques ou privées.

Musée Art et Déchirure Sotteville-lès-Rouen
Paul DUHEM, Portrait, technique mixte sur papier, collection Musée Art et Déchirure

Joël LORAND

« On songe aux mythologies antiques, aux bestiaires médiévaux, à Jérôme Bosch revisité par Victor Brauner, aux constructions chimériques d’Adolf Wölfi, aux fresques médiumniques d’Augustin Lesage. Jardin imaginaire, univers souterrain ? Gangue, utérus, chrysalide ? Tourbillon de formes animales, végétales et humaines ? Peu importe. Cette poésie de l’insolite ouvre la voie à de multiples interprétations. »


(extrait d’un article de Pauline Mélange pour le n° 289 de la revue d’art contemporain Cimaise)

Joël LORAND, sans titre, dessin, collection Musée Art et Déchirure – photo Serge Malet
Joël LORAND, dessin, 2015, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :

Joël est un véritable créateur, pas de ceux qui pêchent ici et là des idées à détourner ou développer. Il entre dans le fantasme sublimé avec l’infinie subtilité et délicatesse qui obère tout risque de vulgarité, toute lourdeur, toute méprise, tout risque de mauvais goût. Il manie la parabole au cœur d’un imaginaire sans frontières, sans interdits, on lit entre ses lignes, ses couches et ses arabesques la sensualité, l’instinct, l’expressivité, le surhumain, l’au-delà, la supra humanité animalité.

Extrait d’un article de Gilbert Pinneau


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2010 :

Né en 1962 à Paris, il réside à Alençon (Orne). A partir de 1997, il abandonne définitivement son métier pour se consacrer à la création plastique autour du dessin, après plusieurs étapes de recherche. Joël LORAND développe une œuvre insolite, singulière. Il aime à dessiner des créatures hybrides, personnages ou animaux enchevêtrés dans une abondante végétation, un monde imaginaire sans frontières, jouant sur les lignes, les courbes, les arabesques. La minutie du trait et la précision du graphisme, l’opposition de couleurs aux pastels et crayons, viennent appuyer la lecture d’une œuvre grave et légère… Ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions en galeries, dans des musées, des salons, depuis 1997.