Christiane BODEN

Christiane BODEN, Géant I (détail), pastel, Atelier Campagn’Art, Neufvilles (Belgique), 2010, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG

Christiane est née le 27 avril 1952 à Huy en Belgique. Artiste accomplie, elle partage son talent entre le dessin et la terre. Sa technique de prédilection étant le pastel gras, elle réalise au préalable, à une extraordinaire vitesse, une série innombrable d’esquisses de personnages tout droit sortis de son imaginaire. Tantôt bonhommes, tantôt animaux, très colorés, ses croquis se retrouvent ensuite sur des plaques de terre ou sur papier dessin. Le format n’a pas d’importance pour Christiane, c’est la spontanéité du trait qui guide son œuvre.

Marie-Claude CASABO

Marie-Claude CASABO, huile sur toile, 2010, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

Mon atelier se situe au-dessus du Robec ; je le vois en enfilade à travers une grande fenêtre industrielle – image prégnante de la verticalité –
J’aime que ça réponde, et vite ! Pas de glacis, la PEINTURE ne m’intéresse pas ; feutres indélébiles, crayons, couleurs diverses, papiers de soie, morceaux déjà peints …
Dans ce cadre déterminé, avec ces exigences, – dans l’attente – je retrouve la rangée de clowns commencée par la maîtresse, au tampon, sur le cahier du jour et qu’il fallait terminer…Tant pis ! Tant mieux !…
Puis me voilà devant la terre et son odeur, son goût, la courtilière, énorme et noire, …et les tous premiers étonnements – être là pour les recueillir – les premières vraies questions !
« Eplucher les haricots devant la mer ». Ces mots s’échappent, poésie intérieure liée aux souvenirs, aux lectures, aux autres … Mon corps, mon inconnu, se libère par ma main … pour peu que moi, j’y veille !
En essayant de sauver au mieux ce travail, de la séduction, je le mène, je le libère petit à petit : oublis, manques, égarements, inhabilités, blancs, l’enrichissent !
Ma peinture, ce n’est que le travail de ce corps qui suit, au mieux, le tiraillement de son désir, au plus près (prêt).
…tiraillement, résistance, perplexité, vacillation, indécision, choix, détermination, facilité…

Collection : Marie-Claude CASABO

Marie-Claude CASABO, huile sur toile, 2010, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

Mon atelier se situe au-dessus du Robec ; je le vois en enfilade à travers une grande fenêtre industrielle – image prégnante de la verticalité –
J’aime que ça réponde, et vite ! Pas de glacis, la PEINTURE ne m’intéresse pas ; feutres indélébiles, crayons, couleurs diverses, papiers de soie, morceaux déjà peints …
Dans ce cadre déterminé, avec ces exigences, – dans l’attente – je retrouve la rangée de clowns commencée par la maîtresse, au tampon, sur le cahier du jour et qu’il fallait terminer…Tant pis ! Tant mieux !…
Puis me voilà devant la terre et son odeur, son goût, la courtilière, énorme et noire, …et les tous premiers étonnements – être là pour les recueillir – les premières vraies questions !
« Eplucher les haricots devant la mer ». Ces mots s’échappent, poésie intérieure liée aux souvenirs, aux lectures, aux autres … Mon corps, mon inconnu, se libère par ma main … pour peu que moi, j’y veille !
En essayant de sauver au mieux ce travail, de la séduction, je le mène, je le libère petit à petit : oublis, manques, égarements, inhabilités, blancs, l’enrichissent !
Ma peinture, ce n’est que le travail de ce corps qui suit, au mieux, le tiraillement de son désir, au plus près (prêt).
…tiraillement, résistance, perplexité, vacillation, indécision, choix, détermination, facilité…

Bertrand THOMASSIN

Bertrand THOMASSIN, Les Remparts de Saint-Malo, peinture, bois, cuivre, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Bertrand THOMASSIN, Les Remparts de Saint-Malo (détail), peinture, bois, cuivre, collection Musée Art et Déchirure – (photo JFG)
Bertrand THOMASSIN, Sans titre, peinture, bois, cuivre, collection Musée Art et Déchirure – (photo JFG)

Né en 1963. Sculpteur, rêveur, arpenteur de plages, chineur de bois flottés.
Beaux-Arts de ROUEN de 1981 à 1983, puis Espagne et Portugal. Basé à Dieppe depuis 20 ans. Il travaille avec des matériaux simples, bois flottés, déchets industriels, fil de fer, assemblés puis peints.

Jean-Christophe HUMBERT

Jean-Christophe HUMBERT, IRM 3, pigments et colle sur toile, sable, clous, capsules, 2013, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :

À défaut de pouvoir comprendre ce qu’il se passe dans la tête de mes personnages, je cherche à regarder ce qu’ils ont dans le ventre. Nous sommes scannés, radiographiés, décortiqués au microscope, tranchés en imagerie par résonance magnétique pour tenter de mieux nous connaitre. Mon univers s’est peuplé de personnages hybrides, mi-hommes mi-mantes, certains bicéphales le ventre ouvert, nu, marqué d’une griffure, d’une signature…ma signature ? Le corps devient un paysage intérieur avec ses artères, ses chemins de traverses, ses chemins buissonniers. Une cartographie fantaisiste où se croisent stomac, épithélium, rachis, enképhalos, médusa spinalis, capillaries. Je construis un monde parallèle où se télescope ma vie, ce que j’ai appris de mes parents, de mon passage aux Beaux-Arts de Paris, de ma curiosité des peuples non cartésiens où l’esprit n’est pas séparé du corps, où l’art fait un tout avec l’humain. En intégrant aussi des éléments extérieurs à la peinture, celle-ci devient peut-être un objet fétiche, absorbant mes peurs, mes inquiétudes pour me permettre d’acquérir une certaine sérénité.

Jean-Christophe HUMBERT

Pascal LALOY

site

Pascal LALOY, figure, gouache, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG

« La figure humaine a été mon sujet unique pendant une bonne vingtaine d’années. D’abord des têtes, seules. »

MINOUCHE

Navigatrice et voyageuse, « archéologue des savoirs perdus » passée par les beaux-arts dans le port de Cherbourg, arpenteuse de grèves, pétrisseuse d’argile à la Hague, assistante infirmière, rebelle et solide. Intuitive, candide et déterminée : une créatrice en Cotentin.

La « compulsion cathartique » : l’artiste Minouche propose une série de bébés-bocaux, sorte de confiture d’ogres (2019).

MINOUCHE, Bébé-bocal, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
MINOUCHE, Bébé-bocal, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Musée Art et Déchirure Sotteville-lès-Rouen
MINOUCHE, Bébé-bocal, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Musée Art et Déchirure Sotteville-lès-Rouen
MINOUCHE, Bébé-bocal, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Musée Art et Déchirure Sotteville-lès-Rouen
MINOUCHE, Bébés, collection Musée Art et Déchirure – JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019

Je créé avec mon ressenti, dans un acte immédiat et spontané. Je soude, je colle, je plâtre…
C’est une sorte d’inspiration qui me meut et me mène dans une compulsion cathartique. Je laisse venir à moi des images mentales que je traduis aussitôt et range par genre ou par espèces. Telle la série des bébés-bocaux (confiture d’ogres puis viennent les « momies » géantes, personnages surgis d’une fantasmagorie irréelle, puis d’autres créatures, mes «anges déchus et les encagés…», ces personnages tiennent plus du rêve qu’appartenant à une réalité formelle. D’autres thèmes récurrents: la vie, la mort, le temps qui passe me transcendent me submergent… je me laisse envahir par ces douces images mentales, parfois violentes aussi. J’utilise des matériaux récupérés dans les déchetteries ou en vide grenier, je détourne leur fonction, je crame dans ma cheminée…

à lire…

Paul HÉRAIL

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Paul HÉRAIL, Le passage, fer, bois, papier, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Paul HÉRAIL, Quatuor à une corde, bois, corde, caoutchouc, fer, collection Musée Art et Déchirure – photographie JFG

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019

De l’arbre, on tire des planches.
Des planches qui font les bateaux, les caisses ou les palettes.
Usées, fatiguées, marquées aux clous rouillés du labeur, elles seront finalement abandonnées, jetées, ballottées, flottées jusqu’au pied des falaises.
Une légende raconte qu’elles seraient venues là, porteuses de paix, offrir un abri à l’âme des marins disparus en mer.
De l’arbre, on fait le papier.
Sur le papier s’impriment des romans de mer, de flibuste, de boucaniers dont les signes et les mots font écho aux bois perdus des bateaux oubliés.
Leurs pages, retrouvées un jour par hasard dans une cave inondée, se découpent sous mes doigts, parfois en chapeaux, souvent en méduses venues des sombres profondeurs poser quelques points lumineux.
De tout ça, je fais des assemblages.
Des assemblages de bois, de clous et de vieux papiers mouillés, hommage poétique perlé d’humour offert à ceux qui ont usé leurs vies à leurs côtés, esprits flottants entre vagues d’océans et pages de romans.
>> Paul Hérail

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2016

De l’arbre on fait le papier.
Sur le papier s’impriment des romans, dont les pages perdues se plient un jour en petits bateaux ou se déploient en corolles.
De l’arbre on tire des planches.
Des planches qui font les bateaux, les caisses, les palettes, tout un outillage qui – rouillé de labeur quotidien – est jeté ou perdu par dessus bord quand il n’est plus bon “à rien”.
De la vie on garde des traces.
Les choses, quand je les trouve, révèlent des richesses, des failles, des merveilles et des blessures, accumulées au fil des années, insoupçonnés par ceux qui les ont côtoyées.
Le hasard me pose à leurs côtés et j’écoute leurs histoires, si proches du parcours de vies de bien des hommes. D’une grande économie de moyens hors du temps, j’assemble ici ces “petits riens” qui me sont offerts, respectant leur état initial tout en évitant de les blesser davantage.
>> Paul Hérail

Catherine LEGRAND

Catherine LEGRAND, sans titre, 2002, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Catherine LEGRAND, sans titre, 2002, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

La minute singulière : Catherine LEGRAND


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

L’errance est le fil de mes obsessions, elle me fait me perdre et me retrouver sans cesse. Comme moi, mes personnages sont en constants déplacements, ils errent dans leur propre histoire, on ne sait s’ils sont en fuite ou bien en quête.
Orienté vers l’art officiel, mon travail a d’abord été conforme à l’enseignement que j’avais reçu dans les écoles d’art… Mais mon chemin m’a conduit très tôt vers un hôpital psychiatrique, tout d’abord comme artiste, puis comme art thérapeute. C’est à ce moment là que l’art singulier s’est imposé à moi, comme une évidence. La psychanalyse avait, elle aussi, croisé mon chemin.
J’ai choisi de m’exprimer autrement, en laissant des mains à l’ouvrage, inspirées par les matières et animées par une forte nécessité intérieure, d’aller de la mise en forme à l’idée et non de l’idée vers la mise en forme… Sans doute la Gelstaltung de Hans Prinzhorn.

Catherine Legrand

Collection : Catherine LEGRAND

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Catherine LEGRAND, sans titre, 2002, collection Musée Art et Déchirure – photo JFG
Catherine LEGRAND, sans titre, 2002, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

La minute singulière : Catherine LEGRAND


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2019 :

L’errance est le fil de mes obsessions, elle me fait me perdre et me retrouver sans cesse. Comme moi, mes personnages sont en constants déplacements, ils errent dans leur propre histoire, on ne sait s’ils sont en fuite ou bien en quête.
Orienté vers l’art officiel, mon travail a d’abord été conforme à l’enseignement que j’avais reçu dans les écoles d’art… Mais mon chemin m’a conduit très tôt vers un hôpital psychiatrique, tout d’abord comme artiste, puis comme art thérapeute. C’est à ce moment là que l’art singulier s’est imposé à moi, comme une évidence. La psychanalyse avait, elle aussi, croisé mon chemin.
J’ai choisi de m’exprimer autrement, en laissant des mains à l’ouvrage, inspirées par les matières et animées par une forte nécessité intérieure, d’aller de la mise en forme à l’idée et non de l’idée vers la mise en forme… Sans doute la Gelstaltung de Hans Prinzhorn.

Catherine Legrand