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Yearly Archives: 2023

Imaginons un catalogue…

Format A5 paysage
1 page, 1 auteur-artiste, 1 notice, 1 œuvre
sur un modèle sobre

Sandrine BLAISOT

Sandrine BLAISOT, sans titre, 2002, encre, fusain et schiste sur papier journal, 20 x 20 cm, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Caroll BERTIN

Caroll BERTIN, sans titre, textile, technique mixte, 148 x 80 cm, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Née en 1946, Caroll Bertin suit, dès l’âge de seize ans, une année préparatoire aux écoles d’Arts Décoratifs. En 1971, après de nombreux doutes, elle commence à illustrer des livres pour enfants. Mais c’est véritablement en 1980 qu’elle se lance dans la création en volume en utilisant des vêtements usagés qu’elle découpe, recoud et colle.
Elle privilégie les vieux tissus (pantalons, pulls, etc.) qui portent encore en eux l’âme de leurs ex-propriétaires. Il en surgit une foule de personnages tantôt étranges, tantôt drôles : « bonnes femmes » et « bonshommes » de toutes tailles. Son atelier est continuellement jonché de tissus et de boîtes où s’entassent les vêtements regroupés par couleurs.

BAILLEHACHE Nicole

Nicole BAILLEHACHE, sans titre, 2007, céramique, 30 x 21 cm, collection Musée Art et Déchirure, photo JFG

Pierre AMOURETTE

Pierre Amourette est né à Jersey en 1947 et il arrive en France en 1951. Sculpteur et céramiste, il est attiré par la figure humaine et par la nature. Une part importante de sa production porte sur la maternité.
« Si la terre s’est imposée à moi, c’est qu’elle me permet de travailler vite, d’aller directement à l’émotion. En effet, les céramiques créées se veulent être un média, une histoire que chacun peut interpréter à sa façon. »


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

Né à Jersey, autodidacte, je travaille la terre , je la modèle suivant la pression spontanée de mes émotions, de mon inspiration et la cuis en fonction de l’effet que je souhaite obtenir. Je mets en scène mes peurs, mes joies, mes cauchemars à travers différentes pièces dont la majorité sont des maternités. Je suis depuis longtemps attiré par la statuaire religieuse « populaire ». Je vois dans les sculptures réalisées par des gens dont les références ne sont pas académiques un supplément d’âme propre à émouvoir au delà du temps. J’aimerais que ce souffle soit présent dans mes œuvres.


Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2010 :

Vierges sages, vierges folles. Amourette nous livre la douleur de ces vierges hurlantes et vociférantes. Sont-elles pour autant des femmes souffrantes d’un enfantement qui ne finit pas, confrontées à la vie, à la peur, à la mort. Pierre Amourette, dont on connaît le monde baroque, ne laisse jamais indifférent. Autodidacte secret et pudique, il travaille dans son atelier installé dans le Perche où il est éducateur. Sa maîtrise du modelage simule l’improvisation où la pensée le dispute à l’instinct. Il torture la terre, débusque les formes d’une genèse qui n’en finit pas de se livrer, ivre lui même des ressources offertes par la matière. Ses doigts la pétrissent avec rage. Du Limon originel, il extrait la sève, arrache le souffle de vie. Puis il confie au feu, à trois reprises, ces pièces modelées dans l’urgence. Trois cuissons métamorphosant ces figures,leur donnent leurs lettres de noblesse. Les glaçures verts, bleues, lie-de-vin, les habillent d’une grâce inattendue. Elles émergent d’un bouillonnement de plis, de crevasses vestimentaires accumulées comme les pétales flétris d’un bouquet dont les couleurs s’écoulent dans un sursaut de beauté.

Virginie DESCURE

Virginie DESCURE

Virginie DESCURE, Les Yeux plus gros que le ventre, 2005, peinture sur toile, 80 x 65 cm, collection Musée Art et Déchirure

« J’aime bien la famille des Singuliers parce qu’elle permet une très grande liberté d’expression. Les images me viennent comme des rêves, comme des songes. Mon travail est donc devenu une peinture d’émotions et de sensations. »
Dans le travail de Virginie DESCURE, la mort côtoie la vie, et le tragique se décline sur le mode de l’humour grinçant. Dans Les Yeux plus gros que le ventre, le slip fait visage et la bouche est un orifice qui peut servir à la fois d’entrée et de sortie, et renvoyer à un autre orifice que l’effet désigne et situe sans ambiguïté. La boucle est bouclée. Ce ventre est notre monde (peint comme une planète à feu et à sang) et ses yeux sont comme des étoiles qui se meurent. À la fin tout se termine.
Jean-François Guillou

ANNIE

ANNIE, Mère et enfant, 2009, crayon gras et acrylique sur papier, 66 x 87 cm, collection Musée Art et Déchirure

Alain RAULT

SDF graveur, né en 1952 (ou 1955), enfant de Sotteville-lès-Rouen, figure des rues de Rouen depuis des décennies, homme insaisissable et artiste infatigable. Clochard céleste devenu icône rouennaise avec le film « Playboy communiste » (2008).

« Alain, c’est le monsieur qui déambule dans la gare de Rouen enveloppé dans une couverture, d’où sa tête aux longs cheveux ébouriffés et son visage mangé par la barbe dépassent. »

« Sur le métal, le bois ou la pierre, il grave des mots qui finissent par former de curieux dessins. Sans arrêt en train de soliloquer, il lance parfois des imprécations à la face de ceux qu’il croise, ou entre en transe en chantant. Tel un termite fou, il grignote peu à peu sa cité… »

Termite et ermite, shaman aussi lorsqu’il décide de chanter et danser. Il est celui par qui la notion « d’art de la rue » prend tout son sens. Mais un sens qui reste à décrypter. Car Alain Rault demeure une énigme.

Ismaël MAURAY

Ismaël MAURAY, peinture sur toile, collection Musée Art et Déchirure

« Né à Caen en 1973, Ismaël MAUREY, grandit dans la campagne Normande. Il vit avec pour voisins animaux et arbres. Les années sont bercées par le rythme des saisons, le rituel de l’abattage à l’automne, cochon, volailles, moutons et autres (…). Tristes sujets que ces os, ces carcasses, ces corps et ces souches ? Carcasse, os, souche, crâne, certes ce sont les vestiges d’une vie maintenant disparue qu’à l’ordinaire on oublie ou ne veut pas voir, mais ce sont de multiples prétextes à parler d’ombres, celles qui éclairent, décrivent, organisent et font surgir le relief pour vous proposer un rêve : celui de votre lecture. Avec le corps humain, Ismaël MAUREY, montre une lecture de notre condition d’aujourd’hui. Les corps sont torturés, obèses, maigres et les visages ne sont que cri et douleur. »

extrait de la notice biographique du site d’Ismaël MAURAY

Agnès MAITREJEAN et Laurent DESCOTILS

Agnès MAITREJEAN et DESCOTILS, Animaux volontaires, boîte animée, collection Musée Art et Déchirure

« (…) On travaille à fixer le fugitif, à cadrer le mobile, à donner de la couleur aux fantômes et de la matière à l’insaisissable. Le travail d’Agnès MaItrejean s’inscrit dans cet esprit. (…). Son travail ne montre ni ne démontre : il (…) donne l’idée que l’art comme la vie sont un jeu (…) même si c’est avec le sourire du chat d’Alice aux Pays des merveilles. »
O. Ponsard


« Impertinentes, inattendues, humoristiques, sont les qualités évidentes des «sculptures–machines» de ce duo d’artistes. Agnès Maitrejean et Laurent Descotils sont nés à Paris (…). Ils ont (…) créé, loin des modes, un monde très personnel, proche des gens, plein de vie et de fraicheur. Agnès dessine sur les planches en bois des personnages que Laurent découpe soigneusement à la scie sauteuse. Les motifs sont peints à l’acrylique, assemblés entre eux, trouvant leur place dans la composition. Des rouages reliés par des courroies impriment des mouvements aux sujets, par la magie de l’électricité. D’autres pièces se laisseront entraîner par une main énergique à l’aide d’une manivelle. La modernité évidente du travail de Maitrejean et Descotils allie néanmoins le charme désuet de l’art populaire, de l’art forain et des images d’Épinal. »
Antonio Saint Silvestre