{"id":31854,"date":"2023-09-05T22:03:26","date_gmt":"2023-09-05T20:03:26","guid":{"rendered":"https:\/\/musee.artetdechirure.fr\/?p=31854"},"modified":"2026-02-07T20:48:08","modified_gmt":"2026-02-07T19:48:08","slug":"31854-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/2023\/09\/05\/31854-2\/","title":{"rendered":"Art et d\u00e9chirure : une exposition au c\u0153ur d&rsquo;un asile psychiatrique"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/culture\/article\/2023\/09\/03\/musee-art-et-dechirure-une-exposition-au-c-ur-d-un-asile-psychiatrique_6187643_3246.html\">https:\/\/www.lemonde.fr\/culture\/article\/2023\/09\/03\/musee-art-et-dechirure-une-exposition-au-c-ur-d-un-asile-psychiatrique_6187643_3246.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Install\u00e9 dans un h\u00f4pital en Seine-Maritime, le lieu culturel pr\u00e9sente, entre autres, les \u0153uvres d\u2019Andr\u00e9 Robillard, artiste intern\u00e9 durant une grande partie de sa vie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/signataires\/harry-bellet\/\">Harry Bellet<\/a> (Sotteville-l\u00e8s-Rouen (Seine-Maritime), envoy\u00e9 sp\u00e9cial )<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.lemde.fr\/2023\/09\/01\/0\/0\/1660\/1116\/664\/0\/75\/0\/b6d4f30_1693574264182-robillard3.png\" alt=\"Exposition consacr\u00e9e \u00e0 Andr\u00e9 Robillard, au centre hospitalier du Rouvray, \u00e0 Sotteville-l\u00e8s-Rouen (Seine-Maritime).\" style=\"width:841px;height:565px\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><sup>Exposition consacr\u00e9e \u00e0 Andr\u00e9 Robillard, au centre hospitalier du Rouvray, \u00e0 Sotteville-l\u00e8s-Rouen (Seine-Maritime).&nbsp;&nbsp;JEAN-FRANCOIS GUILLOU<\/sup><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019art brut ou singulier, celui des autodidactes ou des ali\u00e9n\u00e9s, est depuis longtemps accueilli par les grands mus\u00e9es. Il est moins fr\u00e9quent d\u2019aller le voir dans une institution qui en est aussi un des lieux de production, l\u2019asile psychiatrique. C\u2019est ce que propose le Mus\u00e9e Art et d\u00e9chirure \u00e0 Sotteville-l\u00e8s-Rouen (Seine-Maritime), install\u00e9 dans le pavillon La Roseraie, un b\u00e2timent autrefois r\u00e9serv\u00e9 aux femmes install\u00e9 au milieu d\u2019un parc, mis \u00e0 la disposition du mus\u00e9e par le centre hospitalier du Rouvray.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Rouennais connaissent le festival, lui aussi nomm\u00e9 Art et d\u00e9chirure&nbsp;: en 17 \u00e9ditions biennales, de 1989 \u00e0 2009, le mus\u00e9e les a familiaris\u00e9s avec cet art autre, cet art insolite. L\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19 a sign\u00e9 sa fin, mais les \u0153uvres acquises durant ces ann\u00e9es demeurent et forment le fonds du mus\u00e9e \u2013 trois cents ou quatre cents pi\u00e8ces \u00e0 ce jour, l\u2019inventaire est en cours \u2013, compl\u00e9t\u00e9 par une exposition consacr\u00e9e aux machines guerri\u00e8res, principalement des fusils en bois, d\u2019<a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/cinema\/article\/2018\/11\/14\/andre-robillard-en-compagnie-portrait-de-l-artiste-en-patient_5383233_3476.html\">Andr\u00e9 Robillard<\/a>. Un artiste historique, en quelque sorte. N\u00e9 en&nbsp;1931, il a pass\u00e9 presque toute sa vie en h\u00f4pital psychiatrique (il y vit toujours), mais fut rep\u00e9r\u00e9 par&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/archives\/article\/1985\/05\/16\/mort-du-peintre-jean-dubuffet-le-pere-de-l-art-brut_3047395_1819218.html\">le peintre Jean Dubuffet (1901-1985)<\/a>, en&nbsp;1964, qui l\u2019int\u00e9gra \u00e0 sa collection d\u2019art brut, aujourd\u2019hui regroup\u00e9e \u00e0 Lausanne (Suisse).<\/p>\n\n\n\n<p>Le mus\u00e9e de Sotteville-l\u00e8s-Rouen est g\u00e9r\u00e9 par une association pr\u00e9sid\u00e9e par Jo\u00ebl Delaunay, carrure de rugbyman, autrefois charg\u00e9 de l\u2019animation au sein de l\u2019h\u00f4pital, qui a eu l\u2019id\u00e9e de sortir des traditions asilaires&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;A nos d\u00e9buts, en&nbsp;1989, nous avions d\u00e9cid\u00e9 de montrer les \u0153uvres de malades en les confrontant avec celles d\u2019artistes contemporains qui ne l\u2019\u00e9taient pas. Nous voulions ouvrir l\u2019h\u00f4pital, ne plus \u00eatre un ghetto.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;En commen\u00e7ant par en sortir&nbsp;: le festival avait lieu, notamment sa programmation th\u00e9\u00e2trale, hors les murs, en ville. Les acteurs \u00e9taient le plus souvent des patients de l\u2019h\u00f4pital.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Une charge \u00e9motionnelle incroyable&nbsp;\u00bb<\/em>, se souvient Jo\u00ebl Delaunay.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019horreur du vide<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec le soutien du directeur de l\u2019h\u00f4pital, un financement participatif et beaucoup de bonne volont\u00e9, le mus\u00e9e s\u2019est ainsi constitu\u00e9 dans un pavillon d\u00e9saffect\u00e9 du centre hospitalier. Un b\u00e2timent du XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle que la modestie des moyens a conduit \u00e0 laisser largement dans son jus, ce qui permet d\u2019imaginer la vie quotidienne des ali\u00e9n\u00e9es qui l\u2019occup\u00e8rent. Cela donne \u00e9galement une r\u00e9sonance singuli\u00e8re aux \u0153uvres expos\u00e9es, d\u2019une nature bien diff\u00e9rente de celle que l\u2019on peut ressentir dans un mus\u00e9e classique. Ainsi les \u0153uvres de Robillard, tr\u00e8s bien repr\u00e9sent\u00e9es dans la collection de L\u2019Aracine d\u00e9pos\u00e9e au Lille M\u00e9tropole Mus\u00e9e d\u2019art moderne de Villeneuve-d\u2019Ascq (Nord), partenaire de l\u2019exposition, prennent une dimension bien plus famili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;On peut tout se permettre, ici&nbsp;\u00bb<\/em>, dit Jo\u00ebl Delaunay. Exposer des \u0153uvres de psychotiques, mais aussi de gens qui ne sont pas malades.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Sauf,&nbsp;<\/em>pr\u00e9cise-t-il,<em>&nbsp;que lorsque je discute avec ceux-l\u00e0, il y a toujours une faille quelque part. Cette dame qui travaille avec des poup\u00e9es Barbie m\u2019a confi\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 victime d\u2019inceste. Celui-l\u00e0 est toxico, celui-ci fait de temps \u00e0 autre des bouff\u00e9es d\u00e9lirantes absolument terribles\u2026 D\u2019autres sont \u00e0 peu pr\u00e8s stabilis\u00e9s et m\u00e8nent une vie normale. Celui-ci, par exemple, a m\u00eame \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 enseigner aux \u00e9tudiants des Beaux-Arts du&nbsp;Havre par son directeur, qui voulait leur montrer un autre regard sur l\u2019art. Cet autre est alcoolique&nbsp;: avec des Cubitainer vides, il a fait un chemin de croix. Pourtant, il est communiste&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;A m\u00e9diter dans le d\u00e9bat sur l\u2019opportunit\u00e9 de s\u00e9parer l\u2019\u0153uvre de son cr\u00e9ateur\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a toutefois des constantes dans cet art brut. L\u2019une d\u2019entre elles est l\u2019horreur du vide. Dans un dessin, on remplit la feuille.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;C\u2019est la m\u00eame chose que dans les lettres des schizophr\u00e8nes&nbsp;\u00bb<\/em>, remarque Jo\u00ebl Delaunay. Dans une sculpture, on accumule. Certaines sont un fatras incroyable, d\u2019autres sont au contraire class\u00e9es, rang\u00e9es avec une rigueur implacable. La m\u00eame vari\u00e9t\u00e9 se retrouve dans l\u2019accrochage du mus\u00e9e, tant\u00f4t minimal, tant\u00f4t d\u2019une densit\u00e9 r\u00e9jouissante. Avec parfois une salle enti\u00e8re r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 un seul artiste. C\u2019est le cas, par exemple, de Caroline Dahyot, qui a transpos\u00e9 dans une grande pi\u00e8ce un peu de l\u2019esprit de la maison qu\u2019elle habite \u00e0 Ault (Somme), enti\u00e8rement couverte de ses peintures.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste que, pour l\u2019historien d\u2019art, ces pratiques sont perturbantes. Les grilles d\u2019\u00e9valuation classiques sont inop\u00e9rantes. C\u2019est ce que confirme Jo\u00ebl Delaunay&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Il faut se poser la question&nbsp;: est-ce que c\u2019est beau&nbsp;? La plupart du temps, non. Est-ce que c\u2019est \u00e9mouvant&nbsp;? Oui, toujours.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><sub><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/musee.artetdechirure.fr\/\" target=\"_blank\">\u00ab&nbsp;Andr\u00e9 Robillard&nbsp;\u00bb<\/a>, Mus\u00e9e Art et d\u00e9chirure, centre hospitalier du Rouvray, 4, rue Paul-Eluard, Sotteville-l\u00e8s-Rouen (Seine-Maritime). mercredi et samedi-dimanche, de 14&nbsp;heures \u00e0 18&nbsp;heures, jusqu\u2019au 24&nbsp;septembre.<\/sub><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/signataires\/harry-bellet\/\">Harry Bellet (Sotteville-l\u00e8s-Rouen (Seine-Maritime), envoy\u00e9 sp\u00e9cial )<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>https:\/\/www.lemonde.fr\/culture\/article\/2023\/09\/03\/musee-art-et-dechirure-une-exposition-au-c-ur-d-un-asile-psychiatrique_6187643_3246.html Install\u00e9 dans un h\u00f4pital en Seine-Maritime, le lieu culturel pr\u00e9sente, entre autres, les \u0153uvres d\u2019Andr\u00e9 Robillard, artiste intern\u00e9 durant une grande partie de sa vie.&nbsp; Par Harry Bellet (Sotteville-l\u00e8s-Rouen (Seine-Maritime), envoy\u00e9 sp\u00e9cial ) L\u2019art brut ou singulier, celui des&#8230; <a href=\"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/2023\/09\/05\/31854-2\/\">Continue reading<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-31854","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31854","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31854"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31854\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":34494,"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31854\/revisions\/34494"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31854"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=31854"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/museeartetdechirure.jfguillou.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31854"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}